
Dans les années 1970, la cité des 2 monts était après Yaoundé et Douala la troisième ville du Cameroun. Beaucoup d’eau a malheureusement coulé sous les ponts, la ville est tombée en décrépitude.
Après la chute vertigineuse des cours du café,
la ville de Nkongsamba a entamé une descente aux enfers. Ce qui avait fait jusqu’alors sa fierté et sa force est devenu son porte malheur.
La fermeture en cascade des usines, des entreprises, des banques… entraînant la suppression de plus de 10.000 emplois directs. Le départ massif des commerçants soumis à une forte pression fiscale va entraîner la réduction avancée du budget de la commune qui était constitué essentiellement des taxes et impôts. La ville sera ainsi plongée dans la délinquance, la torpeur, la pauvreté à l’extrême.
Cependant, depuis près d’une décennie, à la faveur de la grande effervescence des hommes politiques de la région, l’on a cru que Nkongsamba pouvait sortir la tête de l’eau comme un sphinx, que la ville pouvait renaître de ses cendres. L’on aurait pu voir la fin d’un long sommeil dans lequel la ville était plongée depuis plus de deux décennies il n’est pas permis de se croiser les bras ou alors de continuer à tenir les discours tant politiciens qu’intellectualiste et se livrer des batailles de positionnement.
Encastrée entre les Monts Manengouba (2250m) et Nlonako (1850), Nkongsamba est une cité dont le climat est favorable aussi bien à l’agriculture qu’a l’épanouissement des Hommes. Le visiteur qui arrive dans cette ville aujourd’hui ne peut pas se poser des questions car les stigmates de la pauvreté sont visibles au premier regard.
Crée le 16 mai 1923, la commune de Nkongsamba, chef lieu du département du Moungo dans la province du littoral va très vite connaître un essor économique enviable. La fertilité de son sol devrait attirer des nombreuses populations à s’adonner à la culture notamment celle du café, l’arrivée des commerçants pour la plupart grecs et arméniens et du train va faciliter l’écoulement des produits tel que le café, la banane, l’ananas, le cacao, l’huile de palme, le manioc… ceci va accélérer davantage le développement de la ville. C’est ainsi qu’en 1950, les principales artères sont les quartiers. Nkongsamba la belle se met en branle, elle grouille de vie et déborde d’activités. Les grandes compagnies commerciales CFAO, SCOA, RWKING, PZ, SHO, SOCOPAO, SOCADA, Camitoyota, Nobra ont pignon sur rue, l’on peut dire que c’est l’âge d’or pour cette ville.
Quelques décennies plus tard, la chute du cours des matières premières et surtout celui du café plonge les planteurs et les commerçants dans le désespoir, la production du café tombe de 100.000 tonnes tous les ans à moins de 20.000 tonnes c’est le début d’un long sommeil, la catastrophe s’annonce devant le regard médusé des politiques des élites et de l’administration. Les usines ferment successivement quand elles ne sont pas démontées pour être revendues ou implantées ailleurs. Conséquences, plus de 10.000 personnes se retrouvent au chômage. En 1975 comme si cela ne suffisait pas, la construction de la Nationale n° 5 achève ainsi de conforter les populations dans leur découragement. Le développement de la ville prend un coup sérieux et l’on remarque l’émergence de nouvelles villes le long de la nationale n°5 au grand malheur de Nkongsamba. En 1996, le président de la république nomme un fils du terroir à la tête de la commune urbaine de Nkongsamba.
L’espoir renaît et les populations sont en droit de rêver. Des concertations avec toutes les forces vives sont initiées, l’on annonce des grands chantiers, bitumage de quelques kilomètres de voie en bicouche au cœur de la ville, rénovation de l’hôpital de district, réaménagement du marché A, aménagement de la douche municipal. Malgré tout, aucune industrie ou entreprise pouvant employé des habitants de Nkongsamba n’est mise sur pied, l’affranchissement de la tutelle du café est difficile, la fiscalité met la pression sur les petits commerçants. Face à tout cela, les comités de développement se créent dans les 22 quartiers que compte la ville. Les populations seules face à leur destin comprennent qu’il faut varier les cultures et les diversifier. Grâce à son sol riche et son climat particulièrement doux, l’on voit naître les plantations de banane, l’exportation d’ananas, de palmiers à huile, de cultures vivrières. L’élevage, ovin, bovin et porcin n’est pas des restes. Peu à peu l’on se remet à espérer. Mais aucun projet ou programme d’action n’est élaborée à court, à moyen ou à long terme pour cette ville qui a tout donné. N’est il pas aujourd’hui que toutes les forces vives se mobilisent dans une logique volontariste et que l’on passe du stade de discours à celui de réalisations concrète?